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INSTALLATION 2005
L’OEIL SUR LA BALANCOIRE de Emmanuelle Sarrouy
CORPUS de Jean-Paul Noguès
DV LIFE 2001-2004 : MONTAG(N)E CATHODIQUE de Emmanuelle Sarrouy & Jean-Paul Noguès
Yup'ik - 27 juin au 3 juillet, 15h à 19h, le 30 juin, 15h à 22h
vernissage le 27 juin, 18h



L’OEil sur la balançoire de Emmanuelle Sarrouy
Suivre le mouvement / Dans l’urgence / Du moment.
Le regard va et vient / L’oeil suit le rythme / Rock ’n’ Roll.
De la gageure d’épouser le mouvement. Et de la danse du regard qui s’ensuit.
Dispositif
Des tentures noires créent un couloir sombre, clos, au bout duquel se trouve l’écran de projection. Face à lui, une balançoire. Le spectateur vient s’asseoir, se balance… Le film commence : rock’n’roll.
Intention
Alors qu’aujourd’hui on projette les films au milieu d’une cacophonie sonore et visuelle (soirées ”videomix”, TV dans bars, projections en plein air), je vous propose d’opter pour la concentration extrême, histoire de ré expérimenter ce qui a tendance à s’effacer, à disparaître.
Regarder L’OEil sur la balançoire, assis sur une balançoire, dans un espace clos. Seul au coeur de l’image, du regard, du mouvement, de l’espace. Il s’agit de remettre le spectateur au plus près des conditions de concentration qu’il a fallu au filmeur pour capter les images : tenter de suivre en gros plan un homme sur une balançoire à travers l’oeilleton de la caméra. Expérimenter et s’approprier ainsi l’espace-mouvant, l’espace-temps à la fois infime et interminable, la notion de cadre (cadrage/décadrage), le rythme, et les sensations qui en découlent… Emmanuelle Sarrouy

Corpus de Jean-Paul Noguès
Installation vidéo en deux écrans / 48’
assistante réalisation : Sophie Rimbaud.
casting : Coralie Amedeo, Sophie Rimbaud.
image : Jean-Paul Noguès.
conseiller à la photographie : Jérôme Olivier.
ingénieur du son : Frédéric Salles.
montage : Jean-Paul Noguès.
produit par Jean-Paul Noguès & Emmanuelle Sarrouy.
48 femmes témoignent sur un fait de société omniprésent : la représentation stéréotypée du corps féminin par les medias (mannequins et bimbos à la télévision, dans les magazines ou la publicité), et son érotisation systématique. Comment les femmes vivent-elles au quotidien ce modèle de corps qu’on leur impose ?
Il est proposé ensuite aux témoins interviewés de présenter et représenter leur corps de la façon la plus naturaliste qui soit, nu, en lisant à haute voix une déclaration de cession de droits à l’image. Ces femmes cèdent alors moins leur image à une société de production qu’elles ne se réapproprient le droit d’utiliser leur corps comme elles l’entendent. Ainsi leur image gagne en réalité et se ”réincarne”.
Accepteront-t-elles d’effectuer cette réflexion sur leur image dans la société du spectacle, en dehors des tabous ou des clichés communs ? Et de s’interroger sur la valeur de cette image et de ses reproductions possibles pour redonner ainsi sa place au corps féminin dans sa diversité. La coexistence et la sérialité des images des deux écrans non synchronisés ”discours / présentations, nus” remet en situation cette expérimentation. Ce dispositif est source d’émotions de par la spontanéité qu’il provoque. Il est aussi unmiroir social et intime. Jean-Paul Noguès

DV Life 2001-2004 : Montag(n)e cathodique
C’est l’accumulation de petites choses qui font les grandes choses… Et si pour une fois c’était la vie des gens ordinaires qui constituait notre paysage et notre histoire universels ?
Tout a commencé quand nous avons acheté cette caméra mini DV… Peu de temps après, nous allions déménager, pour la première fois depuis nos 9 ans de vie commune. Un événement ! Alors, pourquoi ne pas le filmer ? Et après ?… Nous venions d'acheter une maison, et le XXe siècle touchait à sa fin. Et bien, nous nous sommes dit que c'était un nouveau départ, une nouvelle étape, et nous avions envie de partager cela avec nos amis… Mais sous quelle forme ? C'est là qu'a germé l'idée des lettres mensuelles envoyées sur internet, pour donner régulièrement des nouvelles à nos amis. C'est comme ça qu'est né le concept des DVLife.
Depuis janvier 2001 nous réalisons chaque mois un petit film d'environ 3 minutes. Un événement marquant, heureux ou triste, un état d'esprit, une scène de la vie quotidienne, un voyage… Les amis y apparaissent régulièrement. Ils ne manquent pas ensuite de nous donner leur avis, et nous accueillons toujours les remarques avec le plus grand enthousiasme ! Souvent c'est Emmanuelle qui filme et Jean-Paul qui monte, mais les exceptions sont toujours là pour confirmer la règle !
Certains DV Life ont été projetés au Vidéodrome (Marseille) en 2002 et 2003, et au Festival Nos Casamos à Bilbao (Espagne) en 2003. Le 25 avril 2002, DV Life 2001 a obtenu le très spécial Prix de la Pertinence du Propos au Festival du Film de Famille à Bordeaux.
Dispositif
Une montagne construite par un empilement d’écrans télé tournés vers l’extérieur. À chaque rangée correspond une année. Sur chaque écran sont diffusés les DV Life de l’année, de manière aléatoire.
Intention
Construire une mémoire cathodique selon le principe des deux énergies complémentaires : énergie verticale (ascensionnelle) et énergie horizontale. Un temple cathodique pour la mémoire, une barque pyramidale pour poursuivre sa route : une montagne d’écrans TV, autour de laquelle on peut circuler, sans ”haine”, devient montage. Montage d’instants de vie, mémorables ou pas, à priori, de fragments, de morceaux, de petites choses…
Et cette accumulation de petites choses et leurs intervalles, n’est-ce pas précisément ça la vie ? Et comme elle, elles restent en perpétuel mouvement.
DV Life 2001-2004 : Montag(n)e cathodique invite le spectateur à réinventer l’espace et le temps. L’oeil et l’oreille vont s’amuser à capter des instants épars, à reconstruire, à remonter à l’infini !
Les propositions sont multiples. Faites 1000 fois le tour de la montagne, et vous verrez et entendrez 1000 choses différentes… Emmanuelle Sarrouy / Jean-Paul Noguès

EMMANUELLE SARROUY
Née en 1968 à Lausanne (Suisse), Emmanuelle Sarrouy passe son enfance au bord de la Manche à Dieppe, en Normandie. Arrivée en Provence en 1988, entre Marseille, Aix, Cassis et Lourmarin, elle suit des études d’anglais et soutient une maîtrise de cinéma et audiovisuel sur le film gore des 80’s avec Nicole Brenez en 1993. Elle est d’abord traductrice de scénarii de dessins animés, régisseuse de cinéma, puis directrice de casting depuis 1996.
Passionnée d’écriture, elle rédige des articles théoriques sur le cinéma et le cinéma expérimental,
notamment dans Admiranda, Repérages, Simulacres, Exploding, Les Inrockuptibles, et devient en 2002 correspondante pour Le Technicien du Film. En 2003, elle est co-auteur d’un ouvrage sur les séries télévisées Nos Séries cultes (Tana Editions).
Programmatrice au Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence dès 1995, elle s’occupe depuis 2001, en collaboration avec Jean-Paul Noguès, d’une section films et vidéos expérimentaux. Elle réalise aujourd’hui des vidéos expérimentales et prépare un premier long-métrage fantastique.
Filmographie
Mes films sont des portraits d’Hommes/Animaux, portraits dansants, chantants, parfois effrayants…
Portraits de gens que j’aime, issus de scènes quotidiennes, et transcendés par l’image vidéo. Réflexions poétiques sur l’humanimalité, rencontres improbables entre auteurs, et film de found-footage…
J’aime travailler le rythme d’un mouvement qu’il faut suivre –L’OEil sur la balançoire- ou qu’il faut déconstruire – La Tête qui tourne. Rechercher la cadence des images et des sons, qui donnera le tempo et entraînera le spectateur.
Suivre le geste, la gestuelle, pousser le ralenti jusqu’à l’image par image –Bad Dream Nevermore, C’est de l’homme qu’il s’agit ! - et l’accéléré jusqu’au scratch –La Tête qui tourne- ou jusqu’au clignotement –Bad Dream Nevermore. Faire de la musique avec des images, parfois gaie, enjouée, parfois nostalgique, mais toujours entraînante, envoûtante.… Forcer l’autre à rester à l’écoute, à se souvenir qu’un film n’est pas forcément soit muet soit sonore. Que l’intrusion, même brutale, de l’un chez l’autre et vice versa est absolument nécessaire.
Filmer le repas –Fin de siècle, le goûter –Baby Dolls 1 : le temps du goûter, ces moments où l’on prend le temps, où le rythme s’apaise, se suspend, et les transformer en épisodes terrifiants, angoissants où le son s’amplifie, dévore tout, où les images s’entrechoquent, s’entredévorent… Passionnément. Réemployer des images existantes d’animaux –oiseau, poisson, chameau…- et leur rendre leur humanité en provoquant la rencontre entre auteurs, réalisateurs et compositeurs (sous forme de pamphlets poétiques). Pour lancer un dernier cri d’alarme avant le drame, et ne jamais oublier l’ambiguïté qui existe en tout homme…
Contre la disparition et pour une perpétuelle mutation des images, des sons et des corps.
2001–2004 DV Life(installation, autobio-documentaires / 4 x 14 x 3’ environ, projet en cours, co-réalisation avec Jean-Paul Noguès)
2004 Le Sourire du chameau (expérimental / 4’30) C’est de l’homme qu’il s’agit ! (expérimental / 6’)
2002 La Tête qui tourne (expérimental / 5’30) Bad Dream Nevermore (expérimental / 2’) Fin de siècle (expérimental / 8’30)
2001 Baby Dolls 1 : le temps du goûter (expérimental / 5’30) L’OEil sur la balançoire (expérimental / 2’30)
1996 Punctum Est ! (documentaire / 5’12)
tél. : 06 11 80 70 68
email
www.nogsetmanue.com

JEAN-PAUL NOGUÈS
Né à Marseille en 1967, Jean-Paul NOGUES suit des études de cinéma à Aix-en-Provence (Université de Provence I) où il soutient une maîtrise sous la direction de Nicole Brenez. Régisseur sur des tournages de films, il devient sélectionneur pour la compétition internationale de courts-métrages du Festival Tous Courts (Aix-en-Provence) pendant près de dix ans, où depuis 2001, il programme (avec Emmanuelle Sarrouy) des films expérimentaux. A l’aube du XXIème siècle, Jean-Paul NOGUES passe à la réalisation en vidéo numérique.
Filmographie
”Mes films traitent d’amour, du corps, de l’intime. Ils travaillent l’image en pénétrant au coeur de la matière, de la texture, et redécouvrent l’abstraction à partir du quotidien, du corps de la femme, du corps de l’homme. Parce qu’il est toujours urgent de parler d’amour et que le don de soi est intimement lié à une certaine angoisse de la perte, mes films oscillent entre terreur et passion.”
2005 Corpus, installation (installation / 48’)
2005 Corpus (documentaire / 82’)
2001–2004 DV Life installation, autobio-documentaires, 4 x 14 x 3’ environ, projet en cours, co-réalisation avec Emmanuelle Sarrouy)
2004 Elle et le loup (expérimental / 7’) The Ring Mix (expérimental / 7’)
2003 Flammes nues (expérimental / 6’) Elana (expérimental / 5’)
2002 Coda (fiction / 26’)
2001 Ogres (expérimental / 7’) In vivo (expérimental / 7’)
tél. : 06 03 92 25 53
email